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Bronchiolite : peut-on sortir avec bébé pendant l'épidémie ?

Le tram est bondé, les courses ne vont pas se faire toutes seules, et le repas de famille approche. Avec un tout-petit, chaque sortie d’hiver peut ressembler à un pari. Vous vous demandez peut-être s’il faudrait rester à la maison jusqu’au printemps. Bonne nouvelle : les sorties en plein air avec bébé sont même conseillées. Reste à bien choisir où l’on va, et qui l’on croise.

Les conseils qui suivent viennent des pédiatres et des autorités de santé, en lien dans le texte. Pour toute question sur votre enfant, votre pédiatre reste le mieux placé.

Pourquoi les bébés sont plus exposés en hiver

Chaque année, entre octobre et mars, une épidémie de bronchiolite touche surtout les enfants de moins d’un an, en particulier les bébés de moins de six mois. Chez eux, le risque de complications est plus élevé, et une hospitalisation est parfois nécessaire. Pour vous, adulte en bonne santé, la bronchiolite ne prend en général pas de forme grave.

Le virus le plus souvent en cause, le VRS, se transmet par les gouttelettes, lors d’un contact rapproché. Il passe aussi par les mains, à partir d’objets et de surfaces. Le piège : un grand enfant ou un adulte qui l’attrape n’a souvent qu’un petit rhume, mais il peut le transmettre à un nourrisson. Et en général, on est contagieux dès la veille des premiers symptômes.

Sortir avec bébé pendant la bronchiolite : dehors plutôt que dans la foule

Le grand air, oui : c’est même recommandé. Ce qui pose problème, ce sont les endroits fermés où beaucoup de monde se rassemble : le risque de transmission y est élevé.

Les pédiatres des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) conseillent donc d’éviter, si possible, les rencontres de famille et les lieux publics comme les supermarchés, les restaurants et les transports en commun. Côté français, même idée : on limite les lieux publics fermés, comme les transports en commun ou les centres commerciaux, où bébé risquerait de croiser des personnes enrhumées.

Une promenade au bord du lac ou un tour au parc, plutôt qu’un samedi au centre commercial : c’est l’idée. Et les jours où le tram ou le supermarché s’imposent quand même, pensez aux mains en rentrant : on y revient plus bas.

Envie d’une sortie au grand air ? Nidora, l’app que nous préparons, arrive bientôt sur iPhone : vous pourrez y filtrer la carte par catégorie, comme « Parc & Nature ». Et s’il faut allaiter en chemin, vous verrez sur la fiche d’un lieu s’il a un « Espace allaitement » (un coin calme ou un espace pour allaiter). Vous verrez aussi si cet espace a été confirmé par un parent, et quand. Par contre, l’app ne vous dira pas si un lieu est bondé.

Les proches enrhumés : un peu de distance, sans vexer personne

Demander à quelqu’un qu’on aime d’attendre un peu avant le câlin, c’est souvent le plus délicat. Voici ce qui est recommandé :

  • Avant 3 mois, on limite les visites au cercle des adultes très proches et non malades.
  • Les personnes qui toussent et ont de la fièvre restent, autant que possible, éloignées des nourrissons jusqu’à leur guérison.
  • Un frère ou une sœur malade reste, autant que possible, à l’écart du bébé, le temps du plus fort de la maladie.
  • Moins de bisous et de bras en bras : on évite les contacts rapprochés, notamment avec les jeunes enfants.

Si quelqu’un est enrhumé à la maison, on limite les contacts. Et quand cette personne s’occupe du bébé, elle porte un masque, tousse dans son coude ou sa manche, et évite de l’embrasser sur le visage et sur les mains.

Pour l’expliquer à la famille sans froisser, une phrase toute simple peut aider : « On fait attention à la bronchiolite cet hiver. On se voit dès que ton rhume sera guéri ? »

Les gestes qui comptent, en sortie comme à la maison

  • Les mains, encore et toujours. Trente secondes d’eau et de savon avant et après le change, avant la tétée, le biberon, le repas ou un câlin. Sans lavabo à portée, une solution hydroalcoolique fait l’affaire.
  • En rentrant à la maison, et après avoir touché des surfaces que beaucoup de monde touche, comme une barre de tram : on se lave les mains.
  • Enrhumé ou enrhumée vous-même ? Un masque avant de vous occuper de bébé, et les mains lavées après chaque mouchage.
  • Toux et éternuements dans un mouchoir jeté aussitôt, ou dans le coude.
  • Rien à partager : ni biberons, ni sucettes, ni couverts non lavés.
  • De l’air frais : on ouvre les fenêtres au moins dix minutes par jour.
  • Pas de fumée autour de bébé : le tabac aggrave la bronchiolite.

Il existe aussi une protection par anticorps pour les nourrissons : parlez-en à votre pédiatre. Elle ne remplace pas ces gestes, qui restent indispensables.

Les signes qui doivent faire consulter

Ces repères vous aident à savoir quand consulter, mais ils ne remplacent pas un médecin.

À Genève, on emmène bébé directement aux urgences en cas de signes de gravité, par exemple s’il :

  • est très irritable ou peu réactif ;
  • ne boit ou ne s’alimente plus ;
  • respire très difficilement ;
  • a les lèvres ou les extrémités qui deviennent bleues.

En urgence, appelez le 144. Les urgences pédiatriques des HUG accueillent les enfants jour et nuit, sept jours sur sept.

Sans signe de gravité, on consulte rapidement son pédiatre si bébé a du mal à respirer, ou s’il semble moins bien que d’habitude, par exemple s’il ne joue plus. Les pédiatres des HUG conseillent aussi de consulter votre pédiatre dans les 24 heures si :

  • il n’arrive pas à boire au moins la moitié de sa quantité habituelle ;
  • la fièvre dure plus de 3 jours.

Si vous vivez côté français, à Annemasse, à Saint-Julien ou dans le Pays de Gex, on appelle le 15 si bébé :

  • fait des pauses respiratoires ;
  • respire lentement et reste très gêné pour respirer ;
  • fait un malaise ;
  • ne réagit plus, est très fatigué, dort tout le temps ou geint ;
  • a la bouche qui devient bleue ;
  • refuse de boire ses biberons ou de prendre le sein.

À qui s’adresser, à Genève et côté français

En urgence, c’est le 144 en Suisse, et le 15 côté français. Pour les gestes à adopter, en cas de doute, votre médecin ou votre pharmacien peut vous conseiller ; pour votre bébé, votre pédiatre reste le mieux placé. Sur la page des urgences pédiatriques des HUG, citée plus haut, un lien mène vers les autres centres de consultation pédiatrique du canton.

Le grand air reste conseillé

Quelques gestes, un peu de distance avec les proches enrhumés, les signes qui doivent faire consulter bien en tête : les balades au bord du lac restent au programme. Et si c’est plutôt le froid qui vous fait hésiter, nos conseils pour sortir avec bébé en hiver à Genève sont là pour ça. Bonne balade !

Cet article rassemble des recommandations publiques, à titre d’information. Il ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.

Questions fréquentes

Peut-on sortir avec un bébé pendant l'épidémie de bronchiolite ?

Oui, et les sorties en plein air sont même conseillées. Ce qu'il vaut mieux éviter si possible, ce sont les réunions de famille et les lieux publics comme le supermarché, le restaurant ou les transports en commun.

Faut-il éloigner bébé d'un proche enrhumé ?

Avant 3 mois, on limite les visites aux adultes très proches et non malades. Une personne enrhumée qui s'occupe du bébé porte un masque, se lave les mains et évite de l'embrasser sur le visage et sur les mains.

Quand faut-il consulter pour une bronchiolite ?

À Genève, en cas de signe de gravité, on va directement aux urgences ou on appelle le 144 : par exemple si bébé est très irritable ou peu réactif, ne boit ou ne s'alimente plus, respire très difficilement ou a les lèvres qui bleuissent. Sans ces signes, on consulte rapidement son pédiatre s'il a du mal à respirer ou semble moins bien que d'habitude, par exemple s'il ne joue plus, et dans les 24 heures s'il n'arrive pas à boire au moins la moitié de sa quantité habituelle ou si la fièvre dure plus de 3 jours. Côté français, on appelle le 15, par exemple s'il fait des pauses respiratoires ou un malaise, ne réagit plus, refuse de boire ou a la bouche qui bleuit.